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Blackkklansman: l’afro face à l’affreux

Débarquement imminent du dernier Spike Lee sur les écrans français

Le contexte:

Le timing de la sortie du film Blackkklansman, de Spike Lee, est parfait! Il y a un an, les 11 et 12 août 2017, se tenait une série de rassemblements de l’extrême droite américaine, dénommée Unite the Right (Rassembler la Droite) à Charlottesville, en Virginie. Un déferlement de violence lors duquel un suprématiste blanc chargea la foule avec une voiture bélier, provoquant la mort d’une contre-manifestante antiraciste, Heather Heyer et faisant 19 blessés. La réaction du président américain, Donald Trump, fut à l’image du personnage: pathétique. Renvoyant dos à dos les manifestants racistes et les militants des droits civils, il fut critiqué pour sa tiédeur et ses accointances avec des mouvements proches de la nébuleuse néo-nazi. Avec Blakkklansman, Spike Lee, pour qui Trump est un “put*** d’enfoiré”, s’empare du sujet et livre un film cinglant sur la question raciale aux Etats-Unis.

 

L’histoire:

Tirée de faits réels, l’intrigue prend sa source dans l’Amérique du début des années 70, alors qu’éclatent plusieurs émeutes raciales. Premier officier noir à intégrer le Colorado Springs Police Department, Ron Stallworth va infiltrer le Ku Klux Klan, l’organisation suprémaciste blanche, constituée de groupuscules conservateurs et racistes. Il fera équipe avec son collègue Flip Zimmerman, qui lui servira de doublure lors des entrevues physiques avec les membres du KKK. De son côté, Stallworth établit des relations épistolaires et téléphoniques, allant jusqu’à entretenir un rapport privilégié avec le “Grand Wizard”, David Duke. Le tandem Stallworth/Zimmerman ne tardera pas à découvrir qu’une opération meurtrière est en cours.

 

L’équipe:

Spike Lee, qui coécrit, coproduit et réalise le film, opère son grand retour après plusieurs échecs au box office. Forte voix du cinéma américain, il a toujours manifesté son intérêt pour les questions identitaires, notamment la place de la communauté afro dans la société américaine, allant jusqu’à créer la polémique avec des films comme She’s Gotta Have It (1986), Mo’ Better Blues (1990), ou Malcolm X (1992).

Ce film, rôle phare dans la carrière de Denzel Washington, qui est un collaborateur régulier de Spike Lee, fut l’occasion de croiser brièvement, le temps d’une réplique, John David Washington, qui n’est autre que le fils aîné de l’acteur oscarisé. Après avoir investi les terrains de football américain, puis avoir été révélé par la série Ballers, diffusée sur HBO, le jeune homme incarne ici Ron Stallworth. On lui souhaite le même parcours que son illustre père.

Il donne la réplique au courtisé Adam Driver, remarqué dans la série Girls, les films de la franchise Star Wars : Le Réveil de la Force et Les Derniers Jedi, ainsi que dans Silence de Martin Scorsese et L’homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam.

On notera l’apparition surprenante d’Alec Baldwin dans le rôle d’un suprémaciste blanc.

Enfin, c’est Terence Blanchard qui signe la musique. Le trompettiste, compositeur et arrangeur de jazz américain est un compagnon de longue date de Spike Lee, avec qui il avait travaillé sur Malcom X et le très bon La 25ème heure. Il était également apparu dans un documentaire du réalisateur, sur l’ouragan Katrina qui avait frappé la nouvelle-Orléans.

 

L’accueil

Même si le film est critiqué pour sa lourdeur, son manque de nuance et de subtilité, emprunt d’un certain manichéisme, la presse parle d’une bonne comédie policière, sans temps mort, et à l’humour cinglant. Hommage aux films de la blaxploitation, ce courant culturel des années 70 qui revalorisa l’image des Afro-Américains, Blackkklansman est auréolé du Grand Prix du Festival de Cannes, et a fait une entrée remarquée au box-office américain où il est sorti le 10 août. Avec l’espoir qu’il éveille les consciences.

 

 

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